personne sur un bucher

Un peu d’histoire :

En anglais, « burn out » signifie brûler, se consumer, s’épuiser, craquer en raison de demandes excessives d’énergie, de forces, de ressources.

Peter, S., Mesters, indiquent dans leur livre « Vaincre l’épuisement professionnel. »  que l’origine du terme « burn out » est « emprunt » de l’environnement électronique et aérospatial. Dans le milieu de l’électronique, il désigne une « surcharge de tension », voire « grillage » des circuits ». Avant d’être victime d’un burnout, différents signaux ont alerté les personnes d’un danger lié à une surcharge de tensions, d’émotions. Or l’individu les a ignorés, minimisés et il s’est « consumé ». « …le disjoncteur central n’a pas fonctionné entraînant un court-circuit et la propagation d’incendies qui couvent, tapis dans les profondeurs des bâtiments. En silence, ils rongent les fondations et les âmes des bâtisses ». 

Dans le milieu de l’aérospatiale, le fait que une fusée ait épuisé tout son carburant, engendre une surchauffe de l’appareil qui peut conduire à la destruction de celui-ci.

Bien que le terme burnout soit apparu, dans les années 1970, le concept existait déjà dans l’Ancien Testament en référence à la grande fatigue que vivait le prophète Elie. Par ailleurs, Shakespeare avait déjà utilisé ce terme à la fin du 16ème siècle.

Le terme burnout a donné lieu à plusieurs définitions. Aujourd’hui je vous communique la dernière définition.

Quelle est la définition du burnout :

L’OMS (Organisation Mondiale de la Santé), dans la onzième Révision de la Classification Internationale des Maladies (CIM-11), considère le burnout comme un phénomène lié au travail (Le 28 mai 2019).

De même, dans la CIM-11, nous retrouvons la définition suivante : « Le burn-out, ou épuisement professionnel, est un syndrome conceptualisé comme résultant d’un stress chronique au travail qui n’a pas été correctement géré ».

Par ailleurs, il figure dans le chapitre « Facteurs influant sur l’état de santé ou sur les motifs de recours aux services de santé ». Il regroupe les motifs, qui ne sont pas classés comme maladies, mais pour lesquels les personnes s’adressent aux services de santé.

Trois dimensions le caractérisent :

  • un sentiment de manque d’énergie ou d’épuisement,
  • un retrait vis-à-vis du travail ou des sentiments de négativisme ou de cynisme liés au travail,
  • une perte d’efficacité professionnelle. »

Quelle est l’origine de l’épuisement professionnel ?

C’est un STRESS CHRONIQUE AU TRAVAIL qui dure depuis plusieurs mois, voire plusieurs années. C’est un phénomène long et évolutif. Le burnout est le stade le plus sévère du stress professionnel.

Comment cela se traduit-il ?

Selon C. MASLACH et M.P LEITER en 1997, le phénomène du burnout est un processus qui comprend 3 phases.

La première est la phase d’épuisement professionnel

L’individu a le sentiment d’être « vide », en perte d’action. Il ressent une fatigue physique et psychique qui persiste même après le repos. L’une des caractéristiques est l’absence d’effets bénéfiques des vacances ou du repos pour « recharger ses batteries ». Extérieurement, cela peut se traduire par des explosions émotionnelles comme des crises de larmes ou de colère. Nous pouvons comparer la personne victime d’un épuisement professionnel à une maison dont l’intérieur s’est écroulé et dont il ne reste que les murs. Elle est épuisée.

La deuxième est la déshumanisation ou dépersonnalisation :

La personne se désinvestit relationnellement. Elle se détache, prend de la distance avec les personnes qui l’entourent. Cela peut être des collègues, des usagers, des clients, des patients etc.. avec qui ou pour qui elle travaille. Elle ressent de moins en moins d’empathie. L’un des signes caractéristiques est l’utilisation dans le langage quotidien, d’une sorte d’humour noir ou de cynisme réduisant le patient à un organe malade.

La troisième phase est la diminution de l’accomplissement personnel :

Cette composante est la résultante des deux autres. Elle est vécue douloureusement. La personne se déprécie. Elle a le sentiment de ne pas être efficace, de ne plus savoir aider les gens. Elle n’a plus confiance en elle. Les conséquences sont nombreuses et variables. Cela peut se traduire par un manque de rigueur, une attitude de désengagement (absentéisme, retrait, fatigabilité, hypersomnie etc…). A l’inverse la personne peut faire preuve de présentéisme (surinvestissement, impossibilité à quitter le service, inefficace d’ailleurs avec irritabilité, insomnie, anxiété etc.). » 

Qui est concerné ?

Pendant longtemps, les recherches sur le burnout s’étaient centrées sur les personnes qui exerçaient des métiers dans la relation d’aide, le soin tels que les professions du secteur médico-social. C’est là d’ailleurs où les recherches ont commencé. LEITER et SHANUFELI, en 1996, ont étendu le champ des personnes concernées à tous ceux qui ont des relations à l’autre. « C’est donc l’investissement psychologique, qui va générer une réduction des ressources psychiques et physiques, puis un épuisement émotionnel, un désinvestissement et une réduction du sentiment d’accomplissement. ». Boudoukha, A. (2020). Burn-out et stress post-traumatique. Domont : DUNOD

Tout le monde peut faire un burnout. Le burnout fait partie des risques psychosociaux (RPS) dès lors que nous parlons de souffrance liée au travail. L’Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale définit les RPS « comme la combinaison d’un grand nombre de variables, à l’intersection des dimensions individuelles, collectives et organisationnelles de l’activité professionnelle, d’où leur complexité et leur caractère souvent composite ».

Si vous souhaitez en savoir plus sur le burnout, n’hésitez pas à me contacter pour une séance gratuite de 30 mn pour que l’on discute ensemble de vos problèmes.

Merci pour votre attention.