Le burnout est assimilé à un traumatisme, à un choc. 

Avant le choc, il existe une phase d’euphorie, appelée aussi la quête du Graal souvent minimisée, tellement elle paraît normale. C’est le moment où tout va bien. La personne arrive à tout gérer, tout orchestrer, à mener tous ses objectifs. Le cercle vertueux efforts/résultats/reconnaissance fonctionne bien. Cette phase, en général longue, dure pendant plusieurs années, jusqu’au jour où, c’est l’effondrement.

Après cette chute, la période de reconstruction nécessite du temps et de la patience, dans la mesure où c’est l’identité même de la personne qui est mise à mal. La personne va traverser plusieurs phases, à l’identique du processus de deuil.

La guérison nécessite de mettre en place de nouveaux comportements, routines, habitudes, d’agir au niveau des émotions, de changer nos croyances, notre rapport à soi, au monde, au travail, d’être à l’écoute de son corps et de ses besoins. Il est important de cheminer avec l’aide de médecins, thérapeutes, coachs…

Le burnout, rappelons-le, a pour origine un stress chronique, et parfois aigu, au travail. Une grande fatigue émotionnelle, un cynisme vis-à-vis de son activité et une dilution du sentiment d’accomplissement au travail en sont les signes.

Le syndrome d’épuisement professionnel se manifeste à la fois par une érosion de l’engagement (en réaction à l’épuisement), une érosion des sentiments (à mesure que le cynisme s’installe) et une érosion de l’adéquation entre le poste et le travailleur (vécu comme une crise personnelle).

La psychiatre Elisabeth Kübler-Ross a élaboré dans les années 1960 la théorie des 5 étapes du deuil. Son approche du processus de deuil et ses étapes s’appliquent, au-delà de la perte d’un être aimé, à de nombreuses situations de la vie professionnelle. Cela peut être une fin d’un projet d’équipes, licenciement, départ à l’étranger, fin des études, fusion d’entreprise, changement d’employeur etc…A 5 ces étapes, d’autres étapes ont été ajoutées. Nous allons tenter de les expliquer.

Les différentes phases de deuil

Le choc est la première étape. La personne ne comprend pas ce qui lui arrive. La situation la sidère. Son corps ne répond quasiment plus. La personne est en surcroît de travail.

LA DESCENTE :

La deuxième est le déni. C’est une caractéristique des gens victimes de burnout. La personne n’a pas entendu les signaux qui indiquent le surmenage. Elle ne veut pas voir que cela ne va pas malgré l’épuisement caractérisé. C’est là qu’elle s’effondre et ne peut plus faire grand-chose à ce stade. Elle n’arrive plus à contrôler les évènements. Elle se sent impuissante.

La colère apparaît après une phase plus ou moins longue de repos. C’est une émotion de réparation face à un préjudice, une frustration ou une injustice. La personne prend conscience de la chute, du trou dans lequel elle est tombée. Elle est en colère contre tout – son travail, son employeur, l’organisation. Elle a le sentiment de ne pas avoir été respectée, considérée. Elle vit de la colère envers les autres, et envers elle-même.

Puis arrive l’étape de la peur pour soi ou pour les autres. Elle peut être ponctuelle ou se transforme en angoisse généralisée. Le monde apparaît comme une source de dangers insurmontables. La personne a peur de l’inconnu. Le monde apparaît comme une source de danger. Elle se demande comment elle va faire face.

La cinquième phase est celle de la tristesse. C’est une phase décisive et difficile pour affronter la réalité. Elle doit être limitée dans le temps afin de ne pas être entretenue pour ne pas vivre dans l’illusion, dans la nostalgie. Elle est indispensable pour la reconstruction car elle invite la personne à revisiter ce qui s’est passé. Si elle est refoulée, la personne risque de la voir réapparaître quelques années plus tard.

tristesse
femme en pleurs

Le processus de deuil n’est pas figé. L’ordre des étapes peut différer d’une personne à l’autre. Par ailleurs, l’indivu peut passer de la colère un jour, puis à une grande nostalgie, et revenir à la colère ou au déni les jours suivants.

LA REMONTEE :

A la sixième étape vient l’acceptation. La personne épuisée trouve en elle, seule ou en bénéficiant d’un accompagnement, ses ressources propres. Elle retrouve la force de sortir de sa douleur, de son isolement. Prenant de la distance avec son chagrin, elle s’interroge sur des moyens de se reconstruire. Elle commence à se projeter vers un avenir. Elle reprend des activités et recherche la présence des autres. La réalité est admise. Il y aura un avant, et un après. Elle a compris qu’elle peut vivre en n’étant plus la même, sans oublier ce qu’elle a été.

Le Pardon à soi-même, la personne renonce à l’illusion de la toute-puissance.La culpabilité ne l’envahit plus. Puis, vient le pardon aux auteurs de la perte.

L’avant dernière étape est celle de la quête du sens et du renouveau, la Révélation du cadeau caché. « Grâce à …, j’ai pu etc..». La personne prend conscience que le burnout lui permet de faire des choses non envisageables. Elle comprend le sens de ce qui lui est arrivé.

La sérénité est la dernière phase. La personne a fait la paix avec ce moment de vie sans excès d’émotion. Elle vit dans le présent. Ce qui lui arrive dans son quotidien a plus de valeur que le passé. Des projets commencent à émerger. La personne est capable d’y adhérer et même d’en être moteur. C’est parfois l’occasion d’une reconversion professionnelle, d’une création d’entreprise, d’un changement de poste….

Le burnout est un syndrome d’adaptation dont les personnes peuvent guérir, à condition de le soigner. A noter que la durée de guérision n’est pas déterminée dans le temps. Elle diffère d’une personne à l’autre. Pour Sabine BATAILLE, sociologue, la durée d’un burnout est difficile à déterminer : « Elle est cependant proportionnelle à la profondeur et à la durée d’exposition aux facteurs stressants antérieurs ». Tout un chacun n’a pas la même capacité à rebondir.

La reconstruction identitaire et professionnelle

Après un burnout, cette reconstruction nécessite du temps. Elle permet à la personne de :

  • comprendre « pourquoi» elle a été victime d’un épuisement professionnel,
  • de savoir « vers quoi » elle veut aller,
  • « comment » elle va y aller .

Ce temps permet à la personne de changer ses représentations cognitives afin d’être alignée avec le nouveau chemin qu’elle envisage de prendre. La place donnée au temps, tant qualitatif que quantitatif, et l’éloignement de l’espace professionnel jouent un rôle important dans ce processus.

Plusieurs professionnels peuvent accompagner les burnoutés : médecin traitant, psychiatre, psychologue, coach certifié, et d’autres professionnels proposant des pratiques alternatives tel que yoga, méditation etc…

En complément de l’aide d’un professionnel, l’entourage tient aussi une place importante dans le processus de reconstruction. La personne en souffrance a besoin d’écoute, de soutien, de respect, d’attention.

Il arrive aussi que des personnes rechutent une ou plusieurs fois et que certaines personnes n’arrivent pas à faire face.

Pour que cette reconstruction soit durable dans le temps, Sabine BATAILLE, sociologue a créé une méthode appelée RBPO © qui comprend plusieurs étapes :

LES 12 ETAPES DE LA METHODE RPBO©

Elles se décomposent en plusieurs temps successifs :

  • 1- le retrait (le jour de l’arrêt de travail prononcé par le médecin)       
  • 2- l’arrêt
  • 3- le repos
  • 4- les ressources à stocker
  • 5- la réflexion
  • 6- le désir (envie de se remettre en action)
  • 7- le risque (peser le pour et le contre)
  • 8- l’écologie (équation désir/risques/bénéfices)
  • 9- l’agir
  • 10- le pouvoir (être en capacité d’action) 
  • 11- le vouloir-agir (envie d’atteindre un but)
  • 12- le pouvoir-agir (être en capacité de mouvement vers son but)

Les étapes 1 à 3 sont liées à l’urgence pour la santé de la personne en épuisement professionnel.

Celles de 4 à 6 à la réflexion,

Les suivantes 7 à 9 à l’épanouissement possible au travail.

Les dernières 10 à 12 à la mise en action.